Les nouvelles chroniques de Mr Jack

Élémentaire, mon cher Watson !

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Jouer comme si…

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Le bluff est très présent dans la version standard de Mr Jack. Elle s’estompe un peu avec l’extension où l’ajout de personnages puissants amène certes une tension supplémentaire, mais réduit les marges de manoeuvre de Jack. D’abord imaginer pour ré-équilibrer le jeu en faveur de Jack, l’extension s’avère finalement pro-inspecteur, dés lors que les joueurs ont assimilé les subtilités des nouveaux personnages. Les statistiques de victoires dans les tournois le confirment : le WT-2012 présente un rapport 64/36 en faveur des inspecteurs. Qu’en est-il de New-York ? On peut d’abord penser que l’équation selon laquelle « plus les personnages sont puissants et difficiles à maîtriser, moins cela offre de liberté et d’opportunités de bluffer pour Jack » s’applique naturellement aussi à New-York. Mais les nombreuses menaces d’évasion de Jack à N-Y viennent contrebalancer cela. Et l’une des grandes satisfactions de la saison 2012 du Whitechapel Tour  fut de constater la richesse effective de la formule New-York. Car c’est bien à New-York que j’ai rencontré le meilleur bluff de l’année, fabuleusement concocté par Lutxo, joueur imprévisible et redoutable.

Partie n°158822 : scalpaf - lutxo

Partie n°158822 : scalpaf – lutxo

Voici la situation au début du tour 4. Rider n’est plus suspecte (malgré sont état graphique). Il reste donc 5 suspects dont 3 sont présents au tour 4. L’observation de la situation montre qu’il peut y avoir différentes façons de jouer le coup 4-1. Quelle option de jeu Jack-Lutxo va-t-il proposer ?

Jack-Lutxo joue : 4-1 Tumblety (Callahan x Grant) f5-l8

Jack-Lutxo joue : 4-1 Tumblety (Callahan x Grant) f5-l8

Que déduire de ce coup ? Jack maintiendra Tumblety, Beach et Callahan à la lumière à la fin du tour 4, lui assurant 3 suspects. Smith ou Latimer peut être isolé à l’obscurité. L’inspecteur (votre rédacteur en l’occurrence) considérera par conséquent que Latimer et Smith sont innocents et préférera utiliser les coups 4-2 et 4-3 pour faciliter la séparation des 3 suspects restants lors des tours 5 et 6, plutôt que d’isoler Smith ou Latimer. Le ver est dans le fruit car … l’enquête aboutira à l’accusation de Callahan, laissant Jack libre sous les traits de … Smith ! (revoir la partie complète ici)

Comment analyser ce bluff ? Quelles en sont les conditions de réussite ?

  1. Jack-Lutxo joue « comme s’il n’était pas Smith » : c’est ce qui donne une énorme valeur au bluff que j’appelle donc « Jouer comme si … »; Si le bluff réussit, alors Jack aura une forte chance de gagner car l’inspecteur le mettra tout en bas de la liste des suspects, ne cherchera pas à l’isoler en priorité, et en accusera certainement un autre s’il a le choix;
  2. L’inspecteur choisit de ne pas isoler Jack : on peut évaluer cela à 50%, puisque l’inspecteur a le choix d’isoler 2 suspects; Rares seront les inspecteurs qui n’en isoleront pas du tout (même si ce fut mon cas);
  3. L’inspecteur pouvait-il « sentir » le bluff ? Pas facile à dire … peut-être juste ne pas oublier de se demander « Mais quel risque Jack prendrait-il vraiment s’il jouait autrement ? », si la réponse est proche de « aucun risque », alors méfiance … à bon entendeur …

Il convient de saluer à sa juste valeur une telle audace. Elle est de celles qui donnent le frisson et font de certaines parties des expériences inoubliables !

Written by scalpaf

décembre 10, 2012 at 09:00

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Elle court, elle court, la bergère !

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L’évasion de Stealthy en bergère au début du tour 2 – par analogie au coup du berger aux échecs – , est une des premières expériences vécues par tous les joueurs de Mr Jack lorsqu’ils débutent.

Une fois aguerris, les Jack usent de cette menace pour obliger l’inspecteur à couvrir Stealthy avec le dernier personnage du tour 1. C’est fréquent mais pour autant pas automatique. La plupart des inspecteurs y regarde à 2 fois avant de couvrir effectivement la Miss, se posant notamment la question « La menace de Stealthy est-elle bien crédible ? ». Pour y répondre, l’inspecteur analyse scrupuleusement les coups 1.2 et 1.3 de Jack et cherche à deviner son coup 2.1 et la projection du tour 2 pour Stealthy : « Y a-t-il une réelle chance pour que Stealthy fasse encore partie des suspects à la fin du tour 2 ? »

Dans des parties de joueurs débutants, l’évasion de Stealthy peut tenir à l’inexpérience ou à l’inattention de l’inspecteur. Dans une partie opposant 2 joueurs expérimentés dans une finale du WT, l’évasion de Stealthy est forcément issue d’une provocation étudiée et mesurée, au sein d’une situation particulièrement bluffante.

Retour sur les faits.

Lieu : Whitechapel Tour 2012, tournoi de Belgrade

Finale : Inspecteur Gilou vs Jack Scalpaf (partie 147941)

Ouverture : GoHoSmWa => Goodley (Smith g8-g6, Gull e9-f10) m10-j10

La situation après l'ouverture Goodley (Smith g8-g6, Gull e9-f10) m10-j10

Réponses à l’ouverture : 1.2 Holmes g5-g3 ~ Lestrade / 1.3 Smith g6-g4 (L l11-f9)

Après les coups 1.2 Holmes g5-g3 ~ Lestrade et 1.3 Smith g6-g4 (L l11-f9)

C’est dans l’analyse et l’interprétation de cette situation que résident la graine du bluff !

Typiquement, la réponse à l’ouverture semble prévoir la venue de Watson en h3 – case déjà protégée par la présence de Holmes en g3 -, confirmant une volonté de Jack de terminer le tour 2 à la lumière. Elle pourrait alors être suivie d’un déplacement 2.1 de Bert à la lumière, en vue de conserver Lestrade en 2.4, et de terminer le tour 2 avec 5 suspects. Dans cette très probable éventualité, Stealthy n’aurait pas sa place comme suspect. Certains inspecteurs feront cette analyse avant de jouer 1.4 Watson. C’est le cas de Gilou (lire son avis plus bas), et Jack le sait !

Ce qui pourrait contrebalancer cette analyse de l’inspecteur, serait un déplacement 2.1 alternatif susceptible de maintenir la crédibilité de Stealthy au terme du tour 2. Là réside la prise de risque de Jack, ce coup alternatif n’est pas évident … L’inspecteur Gilou décide finalement de ne pas couvrir la menace d’évasion de Stealthy.

Le coup final du bluff : l'évasion de Stealthy

Jack n’a pu qu’à signer son forfait en sortant par la grande porte, car l’autre grand avantage de ce bluff est qu’en cas de réussite, il se conclut rapidement ! Mais qu’aurait jouer Jack si l’inspecteur avait couvert Stealthy avec Watson ? Stealthy aurait-elle encore été un suspect crédible ?… c’est une autre question …

Ce bluff peut être qualifié de “bluff de contre-anticipation”, tout comme la Giloute d’ailleurs. Il en respecte une morphologie proche mais un peu différente :

  1. les 2 joueurs partagent la même analyse du jeu; c’est toujours un point problématique, car Jack est-il bien sûr que l’inspecteur fera la bonne analyse ?
  2. Jack s’appuie sur la menace d’évasion de son personnage, mais positionne les autres suspects comme si la suite immédiate de la partie excluait son personnage de l’équation; Il anticipe en cela l’analyse que fera l’inspecteur de la situation;
  3. L’inspecteur analyse la situation et juge que le suspect menaçant (ici Stealthy) ne fait pas partie des suspects qui seront maintenus au tour suivant ; il décide de ne pas couvrir la menace d’évasion;
  4. Jack n’a plus qu’à mener le bluff à son terme, et contrairement à de nombreux autres bluffs qui doivent être maintenus durant plusieurs tours, l’issue de celui-ci est immédiate.

Il va de soit que ce n’est pas un coup qu’on peut répéter à chaque partie, notamment parce qu’il faut bien connaître son adversaire, ce qui m’a fait dire en mp à Gilou après la partie : « Je ne pouvais tenter ce genre de coup que contre un inspecteur comme toi ou cyanidrik ».

La contre-analyse de l’inspecteur Gilou !

Comme le dit Scalpaf, la tentative d’un Bluff de Bergère et de sa « validité » dépendent du niveau des joueurs et effectivement de la pérennité de Stealthy au tour 2 !

Ici, l’Inspecteur Gilou propose à Jack une ouverture Anti-Goodley !!!

Jack Scalpaf répond très correctement par :

  • 1.2 – Holmes g5-g3
  • 1.3 – Smith g6-g4 (L l11-f9)

Laissant donc à l’inspecteur, Watson à mettre en h3.
L’Inspecteur Gilou se pose 2 questions :

  • Est-ce que Stealthy est crédible ?
  • Est-ce que Jack peut-etre Watson ?

La crédibilité de Stealthy décroit par le fait que Watson devient crédible. En effet, le Tour 2 est ouvertement joué à la lumière et plusieurs schémas de jeu sont envisageable si Watson est mis en h3 :

  • Jack est Watson, Holmes, Smith, Bert ou encore Lestrade. Il finira le Tour 2 avec 5 suspects et 1 Alibi.
  • Jack est Gull mais ça ne sera pas facile à gérer !!!
  • Jack est Stealthy. Que sera le coup 2.1 de Jack Scalpaf ?

Un coup de Bert ? Probablement pas, car il ne permettra pas le maintien de Stealthy à la lumière.
Un coup de Lestrade ? Très improbable dans ce schéma de jeu !
Un coup de Gull ? Très improbable dans ce schéma de jeu !
Un coup de Stealthy ? Et là, ça semble très probable surtout si Jack est Holmes, Smith, Watson ou Stealthy !
Dans ce dernier cas, Jack finira avec 5 suspects et 1 alibi. Les yeux se porteront vers Stealthy mais c’est tout benef pour Jack Holmes, Smith ou Watson.

Donc, devant un très beau schéma de jeu de Jack Scalpaf, l’inspecteur Gilou tente le « Sabotage de Bluff » !
Avec l’analyse qui vient d’être exposée, Stealthy n’est pas aussi probable que ça.
Par contre, si Jack est Holmes ou Smith, le Schéma de jeu se voit lourdement amputé.
Si Jack est Watson, la partie est quasi gagnée pour l’inspecteur Gilou.
Et si Jack est Stealthy, l’inspeteur Gilou se sera bien fait avoir !!!

Une fois le coup 1.4 validé, l’inspecteur Gilou se prend d’effroi et sent bien que la partie est perdue !!!

Dans cette finale, il ne restera plus qu’à faire une ENORME partie en Jack pour Gilou afin que l’Inspecteur Scalpaf ne l’arrête pas ! Et ainsi, le Match 2 repartira sur de nouvelles bases. Malheureusement pour Gilou, le Match 2 n’aura jamais lieu !!!

Written by scalpaf

mars 26, 2012 at 20:00

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Ticket de sortie pour Rider ?

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New-York est décidément explosif. Les possibilités d’évasion sont si nombreuses et les situations si tendues que les  parties sont souvent raccourcies … par la force des choses. J’ai vécu mon enquête la plus courte à Mr Jack lors du tournoi WT500 de Sacramento.

Partie 114114 : scalpaf vs Abyss

Tirage de départ : Beach, Eastman, Grant, Tumblety

Ouverture : Grant j8-i6 (P c3)

1.1 Grant j8-i6 (P c3)

Il faudrait discuter de la pertinence de cette ouverture. Les ouvertures « sécurisées » avec ce tirage sont rares comme c’est souvent le cas avec Eastman, Grant et Tumblety au premier tour. Ce premier déplacement avec Grant ne permet pas à Jack de s’évader de manière certaine, quelle que soit son identité. C’est déjà ça ! Mais il peut « tenter » de s’évader ou « faire semblant » …

Abyss (Jack) choisit la réponse suivante :

1.2 Beach (E m12) e4-m12

1.3 Tumblety h5-h7 (Rider x Beach)

… et laisse Eastman devant cette situation …

Que faire ? La réponse peut s’avérer irrémédiable … Il ne s’agit plus de savoir s’il faut « couvrir », mais s’il faut accuser ou non.

D’un point de vue statistique, l’inspecteur peut considérer qu’il n’y a qu’1 chance sur 8 que Jack soit Rider, et donc 7 chances sur 8 de se tromper en accusant Rider.

D’un point de vue psychologique – l’estimation du bluff -, l’évaluation de la situation n’est pas aussi simple.

1) Avant de le jouer, il faut déjà que Jack pense à ce coup, et c’est plus facile d’y penser quand on est le personnage en question. Il me semble que ce coup sera davantage tenté par des Jack jouant Rider que par d’autres. Difficile d’en évaluer la proportion mais de toute façon supérieure à 1/8.

2) On peut estimer le « degré de liberté » de Jack avant de jouer ce coup. Ici, Jack dispose d’un grand nombre de coups possibles en dehors de celui-ci :  son « degré de liberté » est donc élevé, il s’agit bien d’un choix délibéré; ce n’est pas toujours le cas et j’aurais tendance à réduire la probabilité d’évasion face à un degré de liberté moindre;

3) On peut aussi envisager le « risque » que prend Jack en jouant ce coup. Ou en posant la question autrement : qu’advient-il pour Jack si l’inspecteur ne l’accuse pas et qu’il n’est pas Rider ? Si l’inspecteur n’accuse pas Rider ici, il jouera Eastman autrement. Certes, mais il s’agit bien d’Eastman avec tout le pouvoir qu’on lui connait. Et dans cette situation Eastman peut tout simplement isoler n’importe quel autre personnage. Le risque n’est pas le même qu’avec Smith (par exemple) : il me semble plus important. L’autre effet pour Jack s’il n’est pas Rider, est de voir Rider disculpée. Est-ce préjudiciable pour jouer le tour 2 ? Cette conséquence est ici de moindre importance.

4) On peut enfin se pencher sur le style de jeu du joueur Jack. Est-il du style « agressif » ou « posé », du style « risque-tout » ou « safe and secure » ? Je vous laisse en juger par vous-même, mais j’aurais tendance à minimiser cet aspect dans la décision finale car de nombreux joueurs sont capables de jouer très différemment d’une partie à l’autre.

Considérant tous ces éléments – et un ou deux autres moins rationnels -, j’ai pris la décision d’accuser Rider. Mais rien ne dit que je ferai de même si ça reproduit – je préfère prévenir mes futurs adversaires -, et rien ne dit que je jouerai la même ouverture … mais laquelle jouer ?

Written by scalpaf

novembre 12, 2010 at 17:36

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La Giloute

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« La Giloute » est un coup entré dans l’histoire de Mr Jack lors de la finale du WT500 de Santander. Il porte le nom de son créateur, ou du moins de celui qui a osé le porter aux nues lors d’un match d’anthologie.

Un retour sur les faits s’impose.

Lieu : Whitechapel Tour, tournoi de Santander

Finale : Inspecteur scalpaf vs Jack Gilou (partie 105319)

Ouverture : GuLeSmSt => Smith g8-i10 (L f5-h4)

1.1 Smith g8-i10 (L f5-h4)

Réponses à l’ouverture : 1.2 Gull e9-h10 / 1.3 Lestrade e5-m9 (C NE-SE)

Jack (Gilou) laisse l’inspecteur jouer Stealthy en 1.4, alors qu’il est Stealthy ! Suicidaire !? Et bien non … scalpaf choisit de mettre Stealthy en …

1.4 Stealthy i4-l6

La suite de la partie est épique – truffée de nombreux coups mémorables – et voit Gilou l’emporter avec Stealthy, et rafler le tournoi de Santander par la même occasion.

Mais revenons sur les mécanismes de ce bluff qui a donné lieu à quelques discussions sur le forum du site où l’on joue. Il repose sur plusieurs éléments concomittants :

1 – L’inspecteur anticipe parfois la disculpation d’un suspect et ne cherche pas toujours à l’isoler dès lors que son innocence est avérée par le jeu; C’est ce qui pousse l’inspecteur à jouer Stealthy en l6 au coup 1.4, considérant 1) que Stealthy est innocente car pouvant être isolée, et 2) que la case l6 est meilleure que toute autre pour la suite de la partie;

2 – Jack – en l’occurrence Gilou – connaît son adversaire – en l’occurrence votre rédacteur – et l’a déjà vu faire ce coup plusieurs fois; la dimension personnelle et statistique a ici son importance; Ce bluff est difficilement envisageable avec n’importe quel adversaire. Ce n’est pas tant la connaissance de l’adversaire qui importe, mais le fait que les 2 joueurs partagent le même « niveau » d’analyse de la partie, c’est-à-dire qu’ils savent tous les 2 ce que signifie ou cache un coup.

Néanmoins, ce bluff s’appuie sur un aspect de plus en plus présent dans le jeu, avec le niveau grandissant des joueurs : l’anticipation.  Il entre dans une famille de bluff que j’appellerais « bluff de contre-anticipation ». C’est un coup exclusivement à l’usage du joueur Jack et qui s’appuie sur le dernier coup du tour impair de l’inspecteur – il ne me semble pas que ce type de bluff soit possible à un autre moment de la partie. On peut donc en esquisser la morphologie suivante :

1 – les 2 joueurs partagent la même analyse du jeu; ce point contient toujours un doute qui rend la chose plus ou moins risquée;

2 – Jack repère un coup d’anticipation profitable à  l’inspecteur – en fin de tour impair – mettant en jeu son personnage; Jack juge que ce coup est probable;

3 – Jack laisse l’inspecteur jouer son personnage, feignant un abandon de celui-ci;

4 – l’inspecteur joue son coup d’anticipation comme si de rien était, sûr de l’innocence de ce personnage; le ver est dans le fruit;

5 – la tromperie a eu lieu, reste à la mener à son terme – ce qui n’est pas chose forcément facile -, mais qui provoquera de toute façon un sacré mal de crâne à l’inspecteur, à un moment ou un autre;

Le bluff prend place dans le système de communication « implicite » qui s’installe entre les 2 joueurs lors d’une partie.  Avec l’usage du jeu, les interprétations implicites se développent et forment un corpus de communication. Mais cette communication n’est pas parfaite. Elle n’est pas fondée sur un langage et une grammaire précis mais sur l’interprétation des mouvements des personnages dans la partie, et certaines croyances à propos de son partenaire (croyance qu’il a bien vu ceci ou cela, ou le contraire).  L’incertitude est au coeur du dispositif. Les possibilités grandissantes offertes par l’extension, puis par New-York ouvrent de nouvelles perspectives de bluff, et notamment ce type de bluff de « contre-anticipation ».  Les Chroniques se proposent d’en faire l’écho … dés lors que les joueurs les signaleront …

Written by scalpaf

novembre 10, 2010 at 13:42

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Y aller ou pas y aller ?

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« La scène de crime »

Pour reprendre une expression chère à Nut, « Mettons-nous en situation ».

Imaginez : …de grandes plages de sable fin, des cocotiers, une mer turquoise…holà, revenez sur terre, nous sommes dans le fog londonien, plus précisément dans le quartier sordide de Withechapel. Le célèbre éventreur vient une nouvelle fois de frapper et…damned !!…un suspect tente de s’enfuir !! Ne paniquons-pas ! En ce qui concerne les questions d’éventration, il est de bon ton d’emprunter le flegme britannique.

Dès l’entame, le jeu en standard n’offre que très peu de telles situations. Communément, le cas se présente lorsque la demoiselle Stealthy sort sur le 2eme tour. Il s’agit alors de venir mettre en lumière la belle en vert avant qu’elle ne se fasse l’échappée belle à travers les venelles obscures. En extension, le placement initial du joueur incarnant Jack procède d’une réelle intention de favoriser cette circonstance : elle a le double avantage de favoriser la sortie de l’éventreur qui se cache sous l’identité d’un des personnages et, au cas échéant, de multiplier les possibilités de sortie des suspects susceptibles de contrarier l’enquête de l’inspecteur. Pour circonscrire notre propos, nous nous concentrerons donc sur les deux premiers tours d’une partie en extension

La physionomie de ce début de partie est un excellent exemple :

Bert, placé en sortie directe NW, sort sur le 2eme tour et Abberline, qui le marque à la culotte, se déplace lors du 1er tour.

« J’y vais ou j’y vais pas ? »

Les deux seules réponses stratégiques de jeu se conçoivent aisément. Vulgairement il s’agit « d’y aller ou de ne pas y aller », de permettre à Bert de s’enfuir ou de l’en empêcher.

Les inspecteurs les plus opiniâtres, partant d’un apriori logique que le premier principe de l’inspecteur est de ne pas perdre, ne se poseront pas la question, se proposant de « relire » la partie afin d’examiner les quelques indices que Jack aura pu laisser lors de sa cavale. Techniquement, plusieurs solutions peuvent s’envisager : le Déplacement d’ Abberline ou de Stealthy sur Bert pour le mettre en lumière ou la permutation GullxBert qui le rend incapable de prendre la poudre d’escampette sur le 2eme tour.

D’autres préfèreront prendre un pari statistique sur la défaite, en se reposant sur la statistique confortable de 12,5%, soit 1 chance sur 8 que Bert soit réellement Jack.

La prise de décision peut être orientée par la consultation des archives sur le site. Cela permet quelquefois de repérer des stéréotypies : les serials killers ont la fâcheuse tendance à reproduire le même schéma opératoire : Est-ce que ce joueur a l’habitude de placer initialement son jack en position de sortie ?

La prise de risque peut néanmoins s’avérer payante et l’inspecteur opportuniste de faire un « gros coup » là où, par prudence et retenue sur ces deux premiers tours, il n’aurait rien appris.

Dans le cas présent de cette partie, c’est cette deuxième solution que choisit l’inspecteur. Effectivement, elle lui permet d’innocenter trois suspects : Bert, Abberline et Smith au lieu de un s’il était allé couvrir Bert.

«  Et…c’est tout ? »

Au-delà de ce choix étroit et purement statistique, cette première question (« j’y vais ou je n’y vais pas ? ») en soulève une autre qu’il convient de discerner afin d’en discuter les tenants éthiques.

Bien sur, au cours d’une partie, il arrive parfois que l’inspecteur se retrouve dans une situation critique et que , faute de ne pouvoir mettre tous les personnages en lumière sur un tour impair, soit obligé de faire un choix en laissant la possibilité à un suspect de s’échapper. Dans ce cas là, le choix repose sur la « psychologie », l’intuition, appelez-le comme vous voudrez, bref, sur les quelques indices dont l’inspecteur croit disposer.

Par contre, cette manœuvre dès le début de la partie peut être jugée inélégante par certains. Bien sur, aucune règle ne l’empêche…cependant, il convient peut être de se demander quelle signification revêt la notion de « jeu », l’intérêt que l’on prête à cette partie et, par extension, aux personnes avec lesquelles on joue. Car n’oublions pas que, avant de jouer contre quelqu’un, on joue avec lui.

Necro, le 6 novembre 2010

Written by scalpaf

novembre 6, 2010 at 13:22

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